Reportage / Santé: A la découverte du C4*


Reportage / Santé: A la découverte du C4*

Le Centre de contrôle et de coordination du choléra (C4) opérationnel depuis le mois d’août 2010, devrait permettre de mieux combattre la maladie.

(Avertissement) A l’heure où sévit l’épidémie du choléra dans les deux grandes métropoles du Cameroun (Yaoundé et Douala), nous publieons ce reportage qui donne à découvrir une structure qui a vu le jour à la faveur de l’explosion de la maladie au coeur de la partie septentrionale du pays. Pour des raisons que nous ne devoilerons pas ici, le texte n’avait pu être publié.

C’est un calme plat, une ambiance studieuse qui frappe le visiteur qui franchi le grand portail de l’enceinte qui abrite le Centre en cette matinée de fin octobre. Sis au quartier Domayo, à quelques pas de la Délégation régionale de la Santé Publique. L’éclat des couleurs, le blanc et le bleu, est saisissant. Dans les bureaux, portes fermées ou entreouvertes, le personnel à le coeur à l’ouvrage. Ici, on ne s’est pas donné de temps de repit. C’est en effet, le 11 octobre dernier que le Secrétaire général du Ministère de la Santé Publique, accompagné de la représentante résidente de l’Oms au Cameroun, inaugure dans la solennité ce qu’on a tôt vite fait d’appeler le C4. Le projet qui voit ainsi le jour est la traduction concrète des récommandations du comité opérationnel de lutte contre le choléra. Lequel avait été mis sur pied en septembre dernier au plus fort de la propagation de l’épidémie, sur haute instruction de Beti Assomo, Gouverneur de la région de l’Extrême Nord.
Face à l’ampleur de la maladie qui s’est déclarée en premier à Mokolo dans le Mayo tsanaga avant de se propager dans les autres départements de la région à l’exception du Mayo kani, de nombreuses organisations non gouvernementales descendent sur le terrain. «Les travailleurs sanitaires» comme on les appelle dans le milieu, vont s’atteller aux actions de prévention alors que d’autres vont aider à la prise en charge des personnes atteintes, en fournissant médicaments et autes consommables médicaux. Yves Fotié Kuété, Chef du district de Santé de Mokolo dira d’ailleurs à IRIN qu’une épidémie de cet ampleur n’a pas été observée depuis plus 10 ans. Le Dr Djao Rebecca, délégué régional de la Santé Publique de l’Extrême Nord ne manquera pas au cours de ses sorties médiatiques d’énumérer «les facteurs favorisant l’enlissement de la maladie» dans cette partie du pays. C’est dans ce contexte que voit le jour le Centre de Contrôle et de Coordination du Choléra. Selon un medecin exercant dans la ville de Maroua, c’est n’est point une institution de plus qui vient d’être créee, comme le pense certaines personnes. Joseph Koona, Média & Communication officer dans la nouvelle structure trouve la formule juste pour expliquer. «C’est tous les partenaires qui font dans la lutte contre le Choléra qui forment ainsi le C4» affirme t-il. Et pour en savoir d’avantages, rien de mieux que la liste des partenaires du projet inscrite sur un pan du mur de l’enceinte. On y découvre que Plan Cameroun, l’Unicef, l’Us Embassy, le Pam, Care, le Pnud et bien d’autres partenaires sont parties prenantes au projet.
Le Centre de coordination et de controle du choléra ainsi crée a pour mandat entre autre «de coordonner l’appui au Ministère de la Santé publique et à d’autres secteurs dans le cadre de la mise en oeuvre des activités liées au plan opérationnel de préparation et de riposte du choléra», l’objectif étant de mettre l’épidémie sous contrôle.
C’est ainsi que la structure placée sous la direction conjointe du Ministère de la Santé Publique et de l’Organisation Mondiale de la Santé, devra s’ateller à assurer le leadership technique, la coordination et la gestion de la riposte; la fourniture des conseils techniques aux différents prestataires de soins de santé dans le pays en ce qui concerne la surveillance, le soutien des laboratoires et la recherche opérationnelle, la gestion des cas.
Au rang des réalisations de la jeune structure, l’on compte la formation des équipes au niveau provincial et de district à l’outil de collecte des données. Des volontaires de la croix rouge camerounaise ont bénéficieé des formations alors que des actions de sensibilisation des populations ont également été pilotées par le C4. Dans le cadre de la prévention, des actions pour lutter contre la contamination des eaux sont activement ménées à travers la potabilisation des eaux.
De sources bien introduites, le projet (C4) à peine porté sur ses fonds baptismaux, devrait être transformé en Centre de coordination et de contrôle des épidémies (CE3), dans un proche avénir. Question de «repondre à toutes les autres flambées épidémiques qui affectent les régions du Nord et de l’Extrême Nord et même de l’ensemble du pays». André Mama Fouda, Ministre de la Santé Publique, ne manquera pas d’ailleurs de confirmer cette mutation prochaine lors d’un point. Tout indique que le vaste chantier de la lutte contre les épidémies vient de prendre un nouvel élan, surtout qu’à la tête du C4, l’on retrouve un homme qui a une parfaite connaissance du terrain pour y avoir déjà servit.
Focus: Le cholera en chiffre
Selon des informations recueillies au près des responsables du centre de coordination et de controle du choléra, par la presse, à 39 ème semaine de cette année, l’on a enregistré 8195 cas de choléra à travers la région de l’extrême Nord. 542 personnes décèdent de suite de la maladie et parmi eux, 293 meurent hors des formations sanitaires. Dans le même temps, 35 malades sont comptés dans les lits des hôpitaux de la place. La bonne nouvelle, c’est que plus de 7 mille personnes (7181 exactement) recouvrent leur santé grâce à l’observation des mesures et aux soins prodigués par les agents de Santé Publique et les partenaires. L’on apprend que parmi les malades jusque là enregistrés, 141 viendraient des pays voisins au Cameroun, le Nigéria et le Tchad en l’occurence. Sur les vingt cinq districts de santé concernés par l’épidémie du choléra qui s’est déclarée il y a bientôt six mois dans la région de l’Extrême Nord, seuls trois centres de santé sont encore dans le rouge. Le nombre de patients accueillis au quotidien y est encore important. Il s’agit des centres de santé des localités de Vélé, Mada et Tokombéré qui sont respectivement dans le département du Mayo Danay, du Logone et Chari et du Mayo Sava.

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