Hamadou Hamidou, maire de Maroua 1er « nous allons bientôt organiser un festival de sport »


Monsieur le Maire, le festival Yelwata Maroua 1er dont vous êtes l’initiateur vient de s’achever. D’abord, quelle est la signification du terme «Yelwata » et comment expliquer son choix ?

En fait, il nous fallait sortir des sentiers battus, ne pas faire comme ailleurs où les concepts se ressemblent presque tous. Dès le départ, nous avons voulu être original tant dans l’organisation que dans la présentation et le choix des activités. Et étant donné que c’est la culture locale que nous avons voulu mettre au devant de la scène, il nous a semblé très judicieux de trouver un nom de baptême qui révèle notre identité culturelle. D’où le choix de Yelwata qui signifie en langue fulfulde fête populaire. Je vous avoue d’ailleurs que c’est grâce au concours de  sa majesté le Lamido de Maroua, Sa majesté Bakari Bouba, à qui je renouvelle une fois de plus ma reconnaissance pour le soutient qu’il n’a cessé de nous apporter, que nous sommes parvenu au choix du concept Yelwata.

Etes-vous satisfait de la mobilisation observée autour de ce festival ?

Oui, je suis très satisfait. Car pour un évènement qui n’est qu’à sa première édition, l’affluence populaire observée est un bon signe d’ailleurs on ne pouvait rêver mieux. Avec cette allure, les prochaines éditions du festival Yelwata Maroua 1er, feront courir de nombreux artistes et prospecteurs. Car un tel évènement ne vaut que s’il y a une adhésion populaire autour et vous l’avez bien vu le festival a vu défiler une foule de visiteurs.

Peut-on savoir l’activité qui vous a le plus marqué au cours du festival, vous en tant que citoyen ?

(Rire) sous la casquette de visiteur, je voue confie que les compétitions de luttes traditionnelles ont attirées mon attention. D’abord, la compétition était réellement engagée. Les acteurs se sont donnés à fond. Elle a mobilisé vraiment beaucoup de monde. Car ici, c’était une grande première, voir des jeunes gens se mesurer de la sorte face au grand public selon les règles pures du sport fair play. On n’était pas habitué à ça.   Egalement, il y a eu la fantasia. D’ailleurs de nombreux touristes sont venus voir ce spectacle qui rappelle l’époque des grand guerriers peulhs. La présence de Monsieur le Gouverneur nous a vraiment réjouis.

Pour une première édition, c’est déjà du succès pour ne pas utiliser l’expression employée par plus d’un participant. Quels ont été les secrets ?

En fait, la commune d’arrondissement de Maroua 1er en tant qu’organisateur savait, et c’est normale, l’objectif recherché. A ce moment là, il a suffit tout simplement que nous nous dotions des moyens nécessaires pour atteindre le noble objectif que nous nous sommes fixés. Je pense ici au comité d’organisation, aux mécènes et entreprises citoyennes qui n’ont pas hésité un instant pour apporter leur concours. En face, il y eu aussi et surtout les artistes, les différentes associations,  ceux qui sont venus d’ailleurs ou ceux de la ville. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour leur réitérer mes sincères remerciements. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes au cours de ce festival, et le feedback ne s’est pas fait attendre. L’on nous rapporte que la population a trouvé son compte.

Dans un tel contexte de réussite, monsieur le Maire a-t-il déjà sa petite idée sur les innovations que devra connaître la prochaine édition ?

Justement, vous savez, lorsque vous initiez un concept et lorsque vous vous rendez compte de l’engouement suscité autour dudit concept, alors tout de suite vous pensez aux petites choses qui permettront de rendre cette fête du savoir faire culturel plus attrayant.  Pour l’heure, nous allons murir longuement ces idées novatrices, le moment venu vous en saurez davantage et le festival Yelwata Maroua 1er s’en trouvera plus que jamais rehaussé. La mairie ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, en même temps que nous allons œuvrer pour la pérennisation de ce concept, nous comptons organiser bientôt un festival de sport question de permettre  une fois de plus la jeunesse camerounaise de s’affirmer davantage.

Votre commune a organisé et abrité l’évènement, vous dites aussi vouloir présenter au grand jour les richesses culturelles et artistiques locales mais l’on a vu des participants venir de partout à travers le Cameroun. Devrait-on voir à travers cette participation les ambitions cachées du concept ?

Dans mon discours d’ouverture du festival, j’ai parlé du festival Yelwata Maroua 1er comme étant le lieu d’un rendez vous. Celui du donner et du recevoir. Et pour que ce concept qui nous est cher soit une réalité, il faut bien que des gens viennent de partout. Nous seulement pour visiter et découvrir les merveilles qui y sont présentées, mais que des gens viennent également y faire étalage des richesses que leurs tradition possède, des savoirs faire qu’ils ont développé. Pour tout dire, ce festival est axé sur l’ouverture socioculturelle.  Maroua 1er entend se démarquer dans ce sens et compte ainsi donné bien des arguments à la jeunesse.

Monsieur le Maire, nous avons tous été marqué par ces jeunes cinéastes qui retracent notre quotidien à travers leurs scénarii et pourtant l’argent manque le plus pour pouvoir porter leurs projets à bon terme, devrait-on avec la pérennisation du festival, voir ces difficultés trouver des solutions ?

Il est prématuré de dire que nous pouvons apporter des solutions à ces jeunes qui reconstituent d’une manière ou d’une autre notre vécu quotidien. D’ailleurs le seul fait d’organiser ces fora est un début de solution. Car en même temps que l’on expose ses produits, l’on peut nouer des relations qui aboutiraient à quelque chose de prometteur. Nous avons fait des efforts pour saluer de la plus belle des manières les meilleurs. Nous allons nous atteler dans la mesure du possible pour augmenter la cagnotte à défaut de la multiplier. Pour ce faire, nous avons besoin du soutient de tous. Nous tendons donc la perche.

Un mot pour conclure?

Ce projet culturel que nous avons pu mener à bon terme, au-delà de ce qu’il a permis aux populations d’avoir une pleine vue sur les différentes aires socioculturelles ; au-delà de la liesse populaire qu’il a drainé, a été sans conteste l’occasion d’un retour aux sources. J’exhorte ainsi donc les populations de la ville de Maroua en même temps que je leur présente mes vœux pour l’année 2011, de s’ancrer profondément  dans les valeurs traditionnelles afin de mieux s’arrimer à la modernisation. Car du savant dosage entre valeurs locales et modernité, l’on pourra se tourner vers le vrai développement socioéconomique.

Interview réalisé par Bruno Patchoaké

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