Ngaoundéré: Confession torride d’une prostituée sur les ondes de la radio locale


L’invité, pas comme les autres, de Luc Bienvenu Onana, sans pudeur aucune parle du plus vieux métier au monde, de ses joies et peines, de la qualité de sont carnet d’adresse.

L’émission « Jeudi Débat » du 1er juillet 2010 à Ngaoundéré, en compagnie d’une prostituée, a fait le diagnostic du plus vieux métier du monde secoué dans cette région à forte coloration musulmane par l’homosexualité rampante.
Prostituée malgré elle. C’est le titre qu’on aurait donné à l’entretien à bâtons rompus ; un carton ce jeudi sur la station régionale de la chaîne publique de radio télévision. Produite entre 10 heures et 11h30 minutes, Luc Bienvenu Onana, le présentateur, et Marguerite la jeune femme ont tenu en haleine leur audimat dans une émission à cœur ouvert interrompue seulement par les coups de fils des auditeurs.

production qui a ausculté au scanner la prostitution actuellement en pente ascendante dans la ville de Ngaoundéré du fait des grands projets en cours et située au carrefour des corridors qui relient le Cameroun au Nigéria, le Tchad et la Rca. Des 90 minutes de confession intime de la trentenaire, on a retenu qu’elle est arrivée dans le plus vieux métier du monde par un concours de circonstance après avoir mis ses études entre guillemets.

Histoires drôles

En effet, déçue à la fleur de l’âge dans une union légale qui a tourné au vinaigre après 6 saisons, Marguerite arpente depuis les trottoirs pour survivre. Après avoir roulé sa bosse dans certaines villes du Sud et du Nord du Cameroun, c’est dans la métropole régionale de l’Adamaoua qu’elle trime aujourd’hui à 500 Fcfa « la passe » un peu plus quelque fois selon les endroits. A Ngaoundéré, elle « se tape » parfois 15 à 20 hommes par nuit, dit-elle, et la clientèle est diversifiée, certaines autorités de la ville faisant même partie de son carnet d’adresse. « Ils garent leur véhicule un peu plus loin et reviennent souvent à pied. Ce sont eux qui vous demandent même le derrière… » A-t-elle avoué faisant référence à la sodomie.

A la question de savoir si elle a déjà connu une rixe avec une épouse d’un de ses clients, la belle de nuit a répondu qu’elle en est victime « tout le temps. » La prostitution requiert de nerfs solides et de l’énergie et Marguerite dit composer chaque jour avec des « ibuprofènes » pour avoir la force de « travailler ». Le milieu est une jungle où se recrutent des individus parfois sans foi ni loi. Les filles de rue sont volées, violées, tuées. La sorcellerie et les pratiques magico sataniques embauchent au quotidien. Elle n’a cependant en aucun cas cédé au découragement, guidée par l’instinct de survie.

Parlant de l’homosexualité, la fille de joie a reconnu l’existence dans ses quartiers mais a assuré n’avoir jamais été tentée par ce phénomène à la mode. Dieu et la morale sont aux oubliettes et les prostituées enrôlent également les plus jeunes à la stupeur totale. «Au quartier Makia, ils sont nombreux qui viennent et vous disent, la mère j’ai trois cents on fait comment ? C’est l’argent qu’on veut et non l’enfant ! » Aussi, c’est dans cet environnement que depuis 15 ans maintenant, elle élève ses trois rejetons issus du mariage raté.

A baladji 1 où elle réside, elle partage un studio avec son copain, un jeune « débrouillard de quelques années son petit frère. Ses heures de pointe entre 18 heures et l’aube, l’une des pièces de la maison se transforme en « bureau » pendant que dans l’autre, dorment les enfants. Pendant ce temps, son compagnon traîne patiemment sur les rues. « C’est avec cet argent que je le nourris et l’habille, alors il doit être compréhensif même-si je l’aime… »

Marguerite affirme épargner à la tontine. Elle dit faire « une cotisation d’un million de nos francs cette année » et jure raccrocher et se reconvertir bientôt une fois le pactole en poche. « Je déconseille aux jeunes filles de faire la prostitution car ça use », a-t-elle lancé avec quelques regrets. Déjà, elle a depuis peu fait l’acquisition d’un lopin de terre à Ngaoundéré pour se construire dans les fins d’élever et donner une meilleure éducation à ses enfants.

Si les déceptions amoureuses en union libre ou dans le cadre formel du mariage constituent au 1/4 des cas la cause majeure qui poussent les jeunes filles à se prostituer, Marguerite a révélé au micro de « Jeudi-débat » sur les ondes de la 102.5 FM que les prostituées se répertorient dans toutes couches sociales et d’aucunes y arrivent autant du fait de la recherche de l’argent facile, le désœuvrement, que souvent « parce qu’elles ne savent rein faire d’autre » dans le contexte de paupérisation à grande échelle qui caractérise le Cameroun.
© Camnews24 : Eric Nguele

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