Hommage : Baba Simon ou l’histoire d’une vie consacrée aux peuples kirdis


Né en pleine forêt dense, il passe sa vie entière au service d’un peuple dans les montagnes arides du Nord-Cameroun. Seize ans durant, Baba œuvre : pour rapprocher son petit peuple de Dieu, pour éloigner le mal biologique qui fait rage et pour apporter la lumière intellectuelle qu’offre l’école moderne. Il décède le 13 août 1975 à Edéa.

Difficile de parler de l’histoire de l’église catholique au nord Cameroun, sans faire allusion à Baba Simon. Tant l’histoire de l’évangélisation sur l’un des flancs des Monts Mandara (Tokombéré) se confond, on est tenté de le dire, à la vie missionnaire de cet homme. Baba Simon de son vrai nom Simon Mpeke voit le jour par un de ces matins de l’année 1906 à Batombé par Edéa, dans une famille dont le père est chef coutumier et la mère fervente adhérente de l’animisme. Quelques années plus tard (en 1914), l’œuvre des missionnaires allemands ne le laisse point indifférent, sur ce il rêve alors de se mettre sur les pas des nouveaux venus. Il veut se faire baptiser et le fait savoir à son père. C’est finalement en 1918 qu’il obtient le sacrement des mains du père Chevrat. Dans le même temps, il se met à l’école du blanc et y chemine avec succès. Après son Cepe obtenu avec brio en 1917, il va  réussir au Diplôme de Moniteur indigène trois années plus tard et exerce comme tel à la mission catholique d’Edéa.

En 1922, il commence à se sentir une âme de religieux et partage sa préoccupation à ses amis. Malgré le refus de son père, Simon Mpèckè entre au petit séminaire de Mvolyé avec 5 autres jeunes d’Edéa. C’était le 08 août 1924. Après les études de philosophie il entame des études de théologie. Le 08 décembre 1935 il est ordonné à Edéa par Mgr le Mailloux en compagnie d’Oscar Misoka, Joseph Melone et Jean Oscar Awoé, compagnons de route. Après Ngovoyang en 1936, il est fait curé de la paroisse de New Bell (Douala).

Missionnaire chez les Kirdis…

à l'écoute...

A une époque où la mode était à l’arrivée des colons blancs et des missionnaires, comment un camerounais se voit naître une âme de prophète? Tout est parti en tout cas de la lecture d’un article sur les Kirdis du Nord-Cameroun dans les années 1950. en 1957,  il demande à son évêque, Mgr Bonneau de partir au Nord. Mais finalement, c’est  Mgr Mongo qui lui donne carte blanche une année plus tard. Il est envoyé chez les frères de Jésus de Mayo Ouldémé. Le 3 février 1959, Simon Mpèckè met pied pour la première fois dans la partie septentrionale du Cameroun par Garoua. Dans sa nouvelle mission, il a pour compagnon, le frère Jacques Legrand. Et par la suite, il va s’installer à Tala -Laki. En octobre 1959, Mgr Plumey l’envoie rejoindre le Docteur Maggi à Tokombéré où il fonde l’école Saint Joseph dont il est le directeur.

Baba Simon dans les montagnes arides du pays kirdi, va marquer les populations par sa vie. Le prélat très vite adopte le mode de vie local et va vivre dans un dénuement à l’image des gens pour lequel il éprouve désormais un grand amour. Les fruits ne tardent pas. Des baptêmes et mariages sont célébrés quelques années après. En mai 1975, Baba Simon très malade est envoyé sur Paris. Il décède trois mois plus tard à Edéa et y est enterré. Mais son esprit  resté dans les montagnes, chez les ouldémés, à continuer son œuvre. En hommage à ce prélat, un collège à Tokombéré et de nombreuses œuvres portent son nom.

Bruno Patchoaké sources: tokombere.info

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