Environnement: Bouba Monglo plaide pour l’interdiction de l’usage des sacs plastiques au Cameroun.


Bouba Monglo

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Les sacs  plastiques rythment désormais nos vies. Dans les villes, dans les villages, ils font partie de notre quotidien. Ils jonchent les rues, en plein air, dans les champs. On use et en abuse.  Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les tailles, de toutes les épaisseurs.
Les décharges ne désemplissent plus de ces objets.  Le spectacle hideux qu’offrent les « leda » (appellation en fulfulde du sac plastique)  dans les villes de Garoua, Kousseri, Maroua…. est simplement attristant. Pas un pas sans «leda », un joli slogan! Ils sont rentrés dans nos mœurs, en zones  urbaine et rurale. Chacun, pour ses courses collecte des grammes considérables de sacs plastiques. On emballe tout dans du plastique. Des bonbons, des beignets, des céréales, des produits pharmaceutiques… Aucun achat n’échappe à cette règle. Même les repas s’accommodent  de plastiques. Dans les restaurants et autres tournedos, le couscous  du «Eru», du «jama jama» ou  du « Folere », du « Koki » s’emballe dans du plastique malgré l’avis négatif des spécialistes de la santé .Et cela ne choque  personne.  Les consommateurs avertis se résignent face à la cohabitation de la nourriture et des emballages plastiques.
Dans nos enseignes commerciales, les agents n’ont aucune gêne à vous offrir autant d’emballages en plastique que d’articles achetés. Si vous en réclamez un de plus, vous voilà servi. C’est le reflet même de la société de consommation car dès le seuil de la maison franchi,  on en  jette une bonne quantité  à la poubelle.

Nous sommes devenus accros de  ce  sac plastique qui met 400 ans  pour se dégrader. Pendant  ce temps il appauvrit, pollue les  sols et l’environnement. Lorsqu’il est brûlé, il dégage de la dioxine de carbone, gaz très  nocif pour la santé. La fumée provenant de ces plastiques sont à la base des maladies respiratoires. Les enfants en bas âge sont les plus exposés. Les bêtes en ingurgitant ces plastiques en meurent. A Guider, Moulvoudaye ou Lagdo, les éleveurs se retrouvent très souvent avec des animaux morts dans leur cheptel sans cause apparente. Le vétérinaire après avoir éventre l’animal découvre l’origine du décès  qui n’est autre que le plastique.  Un danger permanent pour les bovins et autres caprins. Les conséquences à long terme sont  on ne peut plus néfastes,  tant sur la santé des hommes que sur l’agriculture.

Malgré ce tableau, rien ne prédit un changement de comportements ou de politique dans les années à venir en ce qui concerne l’usage de ces emballages au Cameroun. Préserver l’environnement pour un mieux être des générations futures ne s’inscrit point en  priorité dans nos mœurs. Cela intéresse t-il des partis politiques ? Pas certain.  Même ceux qui se réclament  de la mouvance écologique peinent à faire entendre leur voix dans ce régistre. Pas de propositions de loi, pas de campagne de sensibilisation en direction des populations ou des décideurs.  Du côté des  élus, c’est l’indifférence quasi générale. C’est un sujet de moindre importance.

Des tentatives comme celle du Lamido de Garoua, de mettre un terme à l’utilisation des « leda »  dans la capitale régionale du Nord a connu un échec retentissant. Cette tentative volontariste a eu le mérite d’attirer l’attention des médias et des populations pendant quelques jours. Et puis plus rien.  Sans des actes administratifs ou des lois répressives sur l’importation et l’usage des sacs plastiques,  toute campagne de cette nature subira le même échec.  Garoua et d’autres agglomérations resteront envahies comme par le passé par les « leda ».

Doit-on continuer avec l’usage effréné des emballages en plastique ? Non. Il faut songer sérieusement à les bannir. Il faut commencer par en interdire l’importation sur le territoire camerounais. On en produit très peu localement et le pays est plus un dépotoir de ces déchets qu’autre chose. Une éducation des populations sur les dangers de l’utilisation des emballages plastiques doit être envisagée au niveau de la cellule familiale et dans les médias. .
En interdisant l’usage des sacs en plastique,  on  remettra au gout du jour des métiers comme le  tissage, la broderie, la vannerie, le recyclage du papier. Ces secteurs vont générer des emplois dans nos villes et campagnes grâce à la demande des emballages en coton, en raphia, en Obom etc. Ce sera des produits du terroir, sains et écolos.  L’Etat peut tout aussi appliquer une fiscalité écologique qui pourra amener des hommes d’affaires à s’intéresser aux emballages écolos ou biodégradables.

Nous pourrons nous inspirer des pays africains, déjà nombreux, qui abandonnent progressivement l’usage des sacs plastiques. Au Rwanda par exemple, , lorsque vous arrivez à l’aéroport de Kigali, une grande affiche  vous signale que l’usage des sacs  plastiques est formellement interdit dans ce pays. Dans les pharmacies, les médicaments vous sont remis dans un emballage en papier. Les cadeaux souvenirs pour touristes ou visiteurs tels les tricots ou autres parures sont remis à l’acheteur dans du papier ou dans un sac en matériaux locaux et biodégradables. Cette réglementation est respectée dans toutes les échoppes, hôtels et lieux publics.

Au Gabon, l’Etat s’est résolu à interdire dès le 1er juillet 2010 l’utilisation des sacs plastiques.  Une vaste campagne d’information et de sensibilisation suit son cours en ce moment. Le Tchad a pris depuis le 15 avril dernier une décision bannissant l’usage des sacs plastique sur le territoire national. Des  contrôles et des saisies sont opérés quotidiennement. La pilule est amère pour les populations certes mais ce sont des décisions courageuses en faveur de la préservation du bien être des populations.  Le Cameroun gagnerait à suivre cet exemple et dire stop aux sacs plastiques.

Le titre original de l’article est: Pour l’interdiction de l’usage des sacs plastiques au Cameroun

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