Touboro : difficile cohabitation entre agriculteurs et éleveurs


Touboro, la zone transfrontalière avec le Tchad et la Rca est le théâtre d’accrochages permanent entre les agriculteurs et les éleveurs de bétails. Ici, l’on enregistre en moyenne 25 conflits agropastoraux tous les mois. Ce chiffre est en hausse notamment aux mois d’octobre, novembre et décembre. « C’est la période des grandes récoltes et chaque année le même problème se pose dans tous les villages de Touboro. Vous savez que l’agriculture et l’élevage sont les principales activités des populations. Les bergers dévastent les plantations des villageois sans se gêner. L’année dernière près de Mbai-mboum, une dizaine de plantations ont été dévastées par un berger dans la nuit. Nous savons que les bergers font promener leurs bétails très souvent dans la nuit, entre minuit et 4 heures du matin. Quand l’agriculteur arrive dans son champ il constate seulement les dégâts. Nous on travaille et eux ils viennent tout raser », s’est plaint un agriculteur de Touboro. Le fait est clair. Des bergers véreux s’évertuent nuitamment à paître leurs bêtes dans les plantations des villageois dont l’agriculture est la principale activité. Fous de rage, les agriculteurs abusés se livrent à une « chasse au berger » qui, lorsqu’elle ne rime à rien, est source de déchirements. C’est précisément à ce niveau qu’interviennent les Dogaris qui sont les représentants permanents du pouvoir traditionnel. Mais leur suprématie  bute sur d’autres couacs. Un blocage qui selon Souleymane,  s’explique par leur appartenance ethnique. «Tous les problèmes ne trouvent pas leurs solutions auprès des pouvoirs traditionnels parce que les agriculteurs ne sont pas satisfaits des décisions rendues par les Dogaris qui sont pour la plus part des peulhs comme les éleveurs dévastateurs», avance le cotonculteur. Toujours est-il que certains conflits agropastoraux trouvent satisfaction auprès des Dogaris. 2- Le sous-préfet érigé en bouc-émissaire Ironie du sort, le sous-préfet territorialement compétent n’est saisi qu’en dernier ressort. Il lui revient (impérativement) la lourde responsabilité  de rétablir les plaignants dans leurs droits. Dans la mesure où les conflits non résolus lui sont imputés sans autres forme de procès par des agriculteurs hargneux.  « Si tous ces conflits étaient gérés à notre niveau, on aurait 200 cas au moins (…) Le fait est que l’arrondissement a pour principal activité l’agriculture d’une part, l’élevage de l’autre. Donc, il y a beaucoup d’éleveurs qui sont parfois en transhumance et qui viennent du Tchad, de la Rca et sont de passage ou bien alors ils passent une saison de pluie avant de continuer. Donc cela engendre beaucoup de conflits agropastoraux », a expliqué le sous-préfet de l’arrondissement de Touboro. Et de renchérir : «  Il y a des cas où après l’évaluation des dégâts, la mise en cause n’est pas retrouvée car ce sont des bergers qui ne sont pas sur place. Alors certaines victimes (Ndlr : agriculteurs) croient que la faute  revient au sous-préfet de Touboro qui aurait reçu de l’argent et ne leur a pas donné. Je reçois tout le temps ce genre de plaignant dans mon bureau ». Le dernier cas en date remonte au mois de février 2010. Un agriculteur du village Mofaré dont la culture de niébé avait été saccagée(en décembre 2009) a dit n’avoir jamais reçu aucun centime des dommages versés à cet effet. Pourtant, un  procès verbal à la sous-préfecture de Touboro mentionne clairement le contraire. L’agriculteur véreux a déchargé (visa et numéro de CNI à l’appui) la somme de 300 000 F Cfa. Au moment où nous quittions la sous-préfecture de Touboro, d’autres cas litigieux étaient en cours d’être transmis au procureur de la République près des tribunaux de première et grande instances de Tcholliré.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s