Plaidoyer: La femme toujours sous la menace des violences dans le septentrion


Mariages précoces et forcées, abandons et violences physiques sont entre autres les maux qui portent un frein à l’épanouissement de la fille du septentrion.

Orpheline de père, Aicha 10 ans à peine, inscrite au cours moyen 1 dans un établissement de la place peut désormais rêver comme tous les enfants de son âge, elle qui voudrait devenir un jour médecin. Mais pour l’heure, elle s’adonne avec le même entrain à l’école, elle qui a toujours occupée le premier rang de sa classe avec des moyennes oscillant entre 15,75 et 18,75 sur 20. En effet, sa vie de fillette à faillit basculer il y peu. Un matin, son frère aîné resté au village après le décès de leur père vient annoncer à l’oncle paternelle celui – là même qui a la charge d’encadrer la petite Aïcha, que celle-ci devrait retourner au village où l’attend « déjà » un mari. L’oncle, « éclairé » et fort conscient de ce que son plaidoyer seul ne saurait suffire pour ramener l’émissaire à la raison,  fait appel à l’Alvf (Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes) de Maroua où il trouve une oreille attentive. Germène Malana Biden, responsable du centre Vie de Femme, un organe de l’Alvf qui a suivi l’affaire de bout en bout lâchera désemparée  « Ca nous a permis de nous poser la question de savoir jusqu’où les  intérêts de nos familles qui dans ce cas sont purement égoïstes car l’on a pas pensé à l’avenir de la fille » avant d’ajouter « ces actes exposent nos filles au quotidien aux dangers, à la mort… » L’Alvf entreprend alors des actions afin de tirer la petite Aicha des griffes de ce bourreau d’un autre genre. Une séance de councelling est organisée apprend t-on pour que la victime et l’oncle paternel réalisent l’ampleur de l’affaire. Des informations sur les droits de l’enfants leurs sont données de surcroît. Pour la suite, le chef du centre vie de femme confie sans ambages « nous avons sous la demande de l’oncle rédigé une plainte et saisi  les tribunaux…la fille voulait poursuivre ses études ». C’est ainsi que la justice entre dans la danse. Face à elle, le frère aîné qui s’est retrouvé sous le coup de la loi, « du mariage forcé et illégal » revient sur sa décision de marier sa soeur cadette. Le prétendant au fait des tournures qu’aura prit l’affaire va se retirer en douce. L’action menée par l’Alvf permet  à Aïcha de reprendre le chemin de l’école. Pour les responsables de l’association, c’est une victoire mais l’on reste conscient que d’autres cas de violences passent aussi sous silence. Des registres, l’on découvre que le centre de Maroua encadre annuellement environ 120 filles dont 90% sont victimes et survivantes des mariages précoces.

 Focal: L’Association de lutte contre les violences faites aux femmes

Créée en 1991 sous l’initiative de sept camerounaises féministes averties, elle voudrait apporter une réponse à la recrudescence des violences faites aux femmes au Cameroun. L’approche, féministe, elle met la femme et la fille au centre de l’analyse. L’objectif étant de promouvoir « la reconquête du pouvoir par les victimes à travers le processus d’empowerment ».  Ses activités s’organisent autour des centres vie de femmes, de centre d’écoute en santé reproductive des adolescents et des femmes.

Bruno Patchoaké

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