Ngaoundéré: Un chef de village traine un libanais au tribunal


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Hamoa Sadjo djaouro du village Bini accuse le sexagénaire libanais d’escroquerie foncière.25 hectares de terres au centre du litige.

 

C’est en compagnie de 23 de ses 25 enfants que Hamoa Sadjo, chef du village Bini, s’est rendu à la cour d’appel de l’Adamaoua.  Le djaouro de la bourgade située à quelques encablures de Ngaoundéré, sur le site même du campus de l’Université, voulait sans doute par cet acte montrer au procureur l’enjeu que représente cette portion de son patrimoine « en situation inconfortable ».  Et c’est justement pour protéger cet héritage que celui-ci a décidé trainer devant les tribunaux le libanais, Damian Faiz Félix. Rien pourtant n’aurait prédisposé ces deux hommes à en venir devant les juridictions, car l’histoire a commencé bien autrement. Les faits remontent à 1953, lorsque le djaouro de Bini gratifia une amie libanaise d’un terrain de 25 ha sur les 50 disponibles. Dame Ilda Habib, une femme d’affaire libanaise, bénéficiait ainsi de la reconnaissance d’un chef de village a qui elle aura rendu service maintes fois. Damian Faiz n’avait alors que quatre ans lorsque sa mère recevait le don. Et c’est en 1987 que, en guise d’héritage, Mme Ilda donne le terrain à son enfant. C’est logiquement au nom de sa progéniture que la dame va immatriculer le terrain dans son ensemble, c’est-à-dire 50ha. Au moment de passer devant les tribunaux, dix ans après le décès de Dame Ilda, les deux avocats de Damian Faiz expliquent cet acte par le souci de la libanaise de protéger le terrain du djaouro avec l’arrivée de l’Université qui va occuper un large espace.

Sauf que le chef du village Bini dit ne pas avoir été mis au courant de ce qu’il considère à ce jour comme une duperie de la part de son amie. Hamoa Sadjo explique n’avoir été au courant que lorsqu’il a vu Damian planter des arbres tout au tour des cinquante hectares.

En 2007,  il intente un procès contre Damian Faiz Félix pour escroquerie, faux, usage de faux et escroquerie foncière. C’est ce 1er octobre, jour du soixantième anniversaire du libanais, que le procès franchi une étape décisive. Les plaidoyers des avocats de Damian dévoilent que le terrain a été immatriculé légalement et que le titre foncier a par ailleurs fait l’objet d’une publication dans le journal officiel du 5 Août 1990.

Faiz Félix n’était-il pas au courant de ce que sa mère voulait préserver le terrain de la grande menace que représentait l’arrivée de l’Université ? En tout état de cause, les faits présentés jusqu’ici semblent lui donner raison. Le Djaouro pour sa part, à 85 ans révolus n’a qu’un seul souci en tête, celui de partager le terrain à ses 25 enfants. La suite du procès le 12 novembre prochain.

D. W.

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