Maroua: Conflit de compétences autour de l’abattage d’un arbre


arbresCommunauté urbaine et administration des forêts et faunes se rejettent mutuellement le tort.

A Maroua, les populations n’en reviennent pas de cette affaire, anodine à leurs yeux, et qui pourtant vient de montrer au grand jour que le torchon brûle entre deux services publics de la même ville. La communauté urbaine de Maroua et l’Administration des forêts. Au cœur du pseudo conflit, l’abattage d’un arbre communément appelé dans la région « neem » au quartier abattoir, sis à l’axe rond point marché centrale de Maroua vers le marché de viande. Descendu, sur les lieux, le reporter n’a pu que découvrir ce qui reste de l’arbre objet de la palabre. Une souche encore visible et le tronc principal gisant à l’endroit même, coupé en quelques morceaux. Un regard jeté tout autour des lieux et surtout sur les autres arbres situés sur le même alignement laisse imaginé combien il apportait ombre et fraîcheur. Seulement, sa situation géographique, car se trouvant entre un caniveau et le bâtiment à usage commercial du propriétaire des lieux ne pouvait laisser entrevoir un meilleur sort pour lui. Nos efforts pour rencontrer le propriétaire sont restés vains. Un blanchisseur qui tient son commerce à quelques pas de là nous confie que « c’est sont les gens du quartier qui viennent passer leur journée à l’ombre de cet arbre qui se sont opposés à l’abattage ». Cette bataille dure depuis bientôt un an a-t-on appris selon certaines indiscrétions Et le comble pour les riverains, c’est la tournure que prend cette « rocambolesque histoire » après qu’un confrère de la Crtv locale ait commis un reportage sur l’affaire. Lequel reportage aurait été diffusé à l’échelle nationale, au 17 heures. « Moi je ne vois même pas où est le problème » lâche un habitant du voisinage avant d’ajouter en faisant allusion au propriétaire des lieux, « il veut arranger sa maison, c’est pourquoi il a coupé l’arbre qui le gênait. Ça c’est normale non ! En plus voici un arbuste qu’il a même planté à côté pour remplacer l’autre» Sur les ondes, l’on aurait apprit, que les organismes de protection de l’environnement auraient été ameutés et une plainte déposée contre X. Dans les services des forêts et faunes, l’on reste motus et bouche cousue sur la question car les textes sont explicites sur le sujet. En fait, le décret n° 95-53-PM du 23 août 1995 fixant les modalités d’application du régime des forêts, dont l’article 12 stipule que « (1) en vue de créer ou de maintenir en zone urbaine un taux de boisement conforme aux disposition légales, il est interdit d’y abattre ou de mutiler tout arbre se trouvant sur le domaine public sans autorisation préalable du maire de la commune urbaine concernée. Cette autorisation ne peut être accordée que pour cause d’utilité publique, ou en cas de danger susceptible d’être causé par l’arbre concerné, après avis du responsable local de l’administration chargée des forêts. (2)L’abattage ou la mutilation des arbres en zones urbaines ne peut intervenir qu’après paiement à la commune concernée par le demandeur de l’autorisation, de la valeur estimée des dommages envisagés. » Dans les couloirs de ces services, l’on regrette tout au moins le manque de collaboration entre la communauté urbaine compétente pour donner les autorisations et les forêts et faunes à qui la loi reconnaît la compétence technique dans le domaine. Et pourtant une action menée en parfaite synergie entre les services concernés permettrait de préserver le paysage forestier de la ville de Maroua que les spécialistes trouvent unique en son genre.

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